Conseil Général de la Moselle

Philippe LEROYPhilippe LEROY

Président du Conseil Général de la Moselle
Sénateur de la Moselle


Alors que la conférence des parties à la convention de l'ONU sur la diversité biologique s'est tenue du 19 au 30 mai 2008 à BONN pour la 9ème édition depuis le sommet de la Planète Terre à RIO en 1992, environ 5 000 délégués du monde entier se sont rassemblées pour discuter de la protection et de la conservation des espèces et des écosystèmes, d'une utilisation durable de la diversité biologique, mais aussi d'une répartition plus équitable de l'accès et de l'utilisation.

L'extinction des espèces causée par l'homme et ses activités a pris une allure galopante et dramatique. Près de 150 espèces animales et végétales sont perdues par jour. Ainsi, à la fin du siècle, un tiers des espèces aura disparu.

La biodiversité prend des sens et des intérêts bien différents selon notre culture, notre histoire, notre profession.

Elle sera génétique, spécifique ou écosystémique.

Cependant quelque soit le sens qu'on lui donne, l'intensification de la disparition des espèces aura des conséquences qu'il convient de limiter des aujourd'hui.

Pour l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la perte de diversité génétique implique le recul des opportunités de croissance et d'innovation nécessaire pour relancer l'agriculture en pleine flambée des prix alimentaires. En effet, seules 12 espèces végétales et 14 espèces animales assurent désormais l'essentiel de l'alimentation de la planète. Aussi, les approvisionnements alimentaires sont plus vulnérables et moins durables.

L'agriculture devient moins apte à s'adapter aux défis environnementaux tels que le changement climatique et la pénurie d'eau.

Ce déclin aura un effet tout aussi dramatique pour le développement des pharmacopées dans différents pays.

Une étude du Fonds Mondial pour la Nature (WWF) et de la Société Biologique de LONDRES publiée en mai 2008 met en évidence la disparition de plus du quart de la faune mondiale depuis les années 1970. Les experts des Nations Unies affirment que la planète est confrontée au pire taux d'extinction depuis que les dinosaures ont disparu il y a 65 millions d'années.

La biodiversité est notre patrimoine, notre richesse que l'on doit au pire conserver et au mieux restaurer, comme tout bon père de famille qui gère sa vie (voir dans notre cas sa survie) et l'avenir de ses enfants.

Nous ne sommes pas 5 000 délégués, nous ne représentons pas des nations mais nous sommes aujourd'hui mobilisés pour relever le même défi de ralentir le taux d'extinction des espèces vivantes d'ici 2010.

A notre échelle, chaque action, chaque engagement nous permettra d'atteindre l'objectif fixé.

Dans nos Régions, les espèces animales et végétales sont peut-être moins emblématiques que celles des milieux marins ou tropicaux mais elles doivent s'inscrire dans le même processus de protection et de gestion de la biodiversité.

C'est pourquoi le Conseil Général de la Moselle au travers de ses programmes d'aides financiers et de ses propres actions s'est engagé dans la politique volontariste de prévention et de valorisation de la biodiversité :
- protection et gestion des Espaces Naturels et Sensibles et des Espèces,
- agriculture durable,
- protection et gestion des milieux aquatiques et de la ressource en eau,
- aménagement du territoire en fonction des objectifs géographiques en partenariat avec les collectivités, les Etablissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) et les exploitants agricoles,
- gestion coordonnée et écologique de dépendances routières à haute valeur environnementale.

Ainsi, et comme vous pouvez le voir, le Conseil Général de la Moselle s'est investi dans la protection et la gestion de ce site remarquable qu'est l'étang de Lindre et prévoit d'aménager l'ensemble des bâtiments avec l'objectif de créer une structure support pour la recherche scientifique et l'éducation à l'environnement. Nous sommes alors sur de la biodiversité spécifique et écosystémique. Nous avons également créé les Jardins Fruitiers de Laquenexy qui, au travers de son verger conservatoire qui regroupe 1 000 variétés fruitières différentes, nous permet d'intervenir fortement sur la biodiversité génétique.