Les actualités de la biodiversité





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La Réunion gèle 40 % de ses terres pour protéger la biodiversité


Ce matin, Jean Hivert prend la route des hauts de Saint-Leu,

Sa création a donné lieu à de houleux débats. Et si les élus se sont finalement rangés à l'idée, les craintes demeurent. Dans une ré ...

La Réunion gèle 40 % de ses terres pour protéger la biodiversité


Ce matin, Jean Hivert prend la route des hauts de Saint-Leu,

Sa création a donné lieu à de houleux débats. Et si les élus se sont finalement rangés à l'idée, les craintes demeurent. Dans une région où le taux de chômage dépasse 20 % et où un grand nombre d'habitants vivent d'allocations de solidarité, l'idée de devoir un jour sacrifier des projets de développement sur l'autel de la biodiversité ne plaît pas à tout le monde.

D'autant qu'ici, la croissance démographique alourdit chaque jour un peu plus les besoins. En 2030, selon toutes les prévisions, la population atteindra 1 million d'habitants, contre 765 000 aujourd'hui. "Les gens ne pourront pas faire autrement que de monter vers les hauts, et le parc sera entouré d'une vaste ville", prédit Dominique Strasberg, professeur à l'université de la Réunion. Les communes situées dans la zone tampon entre le parc et le littoral ont deux ans pour rédiger un cahier des charges qui fixera les termes d'un modus vivendi.

Le relief fracturé de la Réunion constitue, dans cette compétition pour l'espace, le principal atout des défenseurs de la biodiversité. La succession d'événements volcaniques à l'origine de ce caillou posé au milieu de l'océan Indien a mis à l'abri, en les rendant difficilement accessibles, des paysages singuliers. Comme la forêt primaire de Bebour-Bélouve qui offre, au coeur de l'île, le spectacle de fougères arborescentes pouvant atteindre une quinzaine de mètres de haut.

La beauté de ces paysages n'est pas la seule raison qui milite en faveur de leur préservation. "La régulation des pluies repose sur cette végétation. La "mer" de nuages qui recouvre l'île la plupart du temps produit ce que nous appelons des "pluies occultes" que seuls certains arbres sont capables de capter. Sans eux, l'alimentation en eau de tout le territoire serait totalement désorganisée", explique le géographe René Robert.

Sur son cahier, Jean Hivert note méticuleusement toutes les espèces qu'il rencontre. Une colonne est réservée aux plantes envahissantes, ces "pestes végétales" qui colonisent petit à petit les espaces les plus reculés et constituent pour le moment l'une des menaces principales pour la survie des plantes endémiques. A la Réunion, les spécialistes estiment à une centaine le nombre de ces "plantes du mal". "L'ensemble du parc est touché à des degrés divers", affirme Julien Triolo, de l'ONF. C'est à lui que Jean Hivert envoie des messages d'alerte lorsqu'il identifie un nouveau foyer d'invasion sur lequel il est encore possible d'agir.

Le plus souvent, l'arrachage se fait à la main, mais, dans les cas les plus graves, les botanistes optent pour une riposte biologique en introduisant un parasite ou un insecte prédateur. Cette opération très délicate vient d'être engagée dans le sud de l'île pour lutter contre le raisin marron, une liane dont la progression est galopante.

"Il faut en moyenne dix ans pour trouver le bon agent ; cela marche une fois sur deux et cela coûte très cher", avertit Christophe Lavergne du Conservatoire botanique de Mascarin. Dans ce cas précis, l'insecte a été importé de Sumatra. Avant de procéder aux premiers lâchers sous serre, les scientifiques se sont assurés en laboratoire qu'il ne s'attaquerait pas aux cultures commerciales comme la canne à sucre, le café, la mangue... ni aux autres plantes indigènes.

La lutte contre le goyavier, considéré comme l'une des cinq plantes les plus conquérantes au monde, est plus délicate. Le commerce de ses baies rouges est devenu une source de revenus pour certains habitants vivant à l'intérieur du parc. Depuis une dizaine d'années, à l'occasion d'une fête populaire, la petite commune de La Plaine-des-Palmistes élit même, sa "Miss Goyavier". Et le maire ne veut surtout pas entendre parler de "peste végétale".

Source : Le Monde ; par Laurence Caramel
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L'agriculture doit plus tenir compte de la biodiversité


Selon une expertise collective pilotée par l'Institut national de la recherche agronomique, l'agriculture moderne a «oublié la composante biologique».

La biodiversité diversité des écosystèmes, des ...

L'agriculture doit plus tenir compte de la biodiversité


Selon une expertise collective pilotée par l'Institut national de la recherche agronomique, l'agriculture moderne a «oublié la composante biologique».

La biodiversité diversité des écosystèmes, des espèces et des gènes a une valeur économique encore bien difficile à chiffrer. Les sommes avancées dans ce domaine sont toujours très contestées. L'exercice a néanmoins le mérite de montrer que les services du monde naturel à l'économie, même s'ils sont gratuits, sont néanmoins bien réels et qu'il est important de les préserver.

Le mois dernier, une étude commandée par le ministère irlandais de l'Environnement a montré que la biodiversité «rapporte» chaque année 2,6 milliards d'euros au pays, un chiffre vraisemblablement sous-évalué de l'avis même des rapporteurs. Selon eux, les plus gros contributeurs naturels à la richesse nationale sont les vers de terre avec un apport estimé à 700 millions d'euros par an. Ces annélides recyclent, en effet, les déchets végétaux, aèrent les sols et les fertilisent gratuitement avec leurs déjections.

Les ministères français de l'Agriculture et de l'Environnement n'ont pas choisi l'option pragmatique irlandaise. Dans la foulée du «Grenelle de l'environnement» qui a mis en avant la nécessité de freiner les ravages de l'agriculture intensive sur la biodiversité, ils ont demandé à l'Institut national de recherche agronomique (Inra) de faire une «synthèse critique» de tout ce que la littérature scientifique internationale a produit, notamment sur les bénéfices que la biodiversité peut apporter à l'agriculture. Cette «expertise collective», intégrant des chercheurs d'autres établissements et d'autres disciplines que l'agronomie, devrait être prochainement publiée. Ses grandes lignes ont été présentées lors d'un colloque qui s'est tenu récemment au ministère de l'Écologie.

Pour des changements rapides

«L'agriculture intensive s'est construite après la Seconde Guerre mondiale en s'affranchissant de la biodiversité. La vision s'est focalisée sur les flux de matières ( engrais, traitements phytosanitaires, NDLR ) et on a oublié la composante biologique» , explique Xavier Le Roux, le chercheur de l'Inra qui a piloté l'expertise. Il fallait avant tout produire pour nourrir les populations. Pas étonnant donc qu'il ait fallu attendre longtemps avant que la préservation de la biodiversité et plus largement les impacts environnementaux soient pris en compte. Cela explique aussi pourquoi la recherche sur les liens entre l'agriculture et la biodiversité est elle aussi encore balbutiante.

Jusqu'à aujourd'hui, le seul travail d'envergure a été l'«Évaluation des écosystèmes pour le millénaire» («Millenium Ecosystems Assessment»). En dehors de cette étude commandée par l'ONU, «les connaissances sont morcelées entre plusieurs disciplines et les échelles spatiales très disparates» , souligne Jean-Roger Estrade, d'AgroParisTech.

L'expertise de l'Inra a surtout valeur d'alerte. Prendre en compte le monde naturel, ce n'est pas retourner à l'agriculture d'antan. Cela nécessite au contraire un bagage technique important. «Il ne suffit pas de mettre un peu plus de biodiversité et un peu moins de pesticides dans son exploitation pour que l'agriculture soit durable», résume Xavier Le Roux. C'est le message subliminal de l'expertise de l'Inra destiné à l'ensemble du monde agricole. Les changements doivent être rapides pour préserver ce qui n'a pas été détruit. La parcelle ne sera plus le champ clos de l'agriculture de demain. Il faudra aussi tenir compte de ce qu'il y a autour et au-delà.

Une thématique que la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, vient d'ailleurs d'intégrer au volet recherche du «Grenelle de l'environnement», suite aux recommandations du comité opérationnel présidé par Marion Guillou, la présidente directrice générale de l'Inra.

Source Le Figaro ; Par Yves Miserey
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La biodiversité, face aux changements climatiques


Sans réduction importante de nos émissions de gaz à effet de serre, c’est l’homme et la nature qui vont souffrir ! En anticipant et en s’adaptant aux changements climatiques, pouvons-nous maintenir, v ...

La biodiversité, face aux changements climatiques


Sans réduction importante de nos émissions de gaz à effet de serre, c’est l’homme et la nature qui vont souffrir ! En anticipant et en s’adaptant aux changements climatiques, pouvons-nous maintenir, voire renforcer les services que nous offre la biodiversité au quotidien ? C’est sur ce thème qu’Ecolo a organisé ce dimanche 22 juin un grand congrès public en plein cœur des Hautes-Fagnes.

Le matin, profitant du début de l’été, 250 personnes ont participé à une balade à la découverte de la biodiversité dans le camp militaire d’Elsenborn et à travers les vieilles hêtraies et landes tourbeuses du Ruhrbusch. A midi, un barbecue de produits bio-locaux-slow food a permis de rassasier les plus affamés ! Après-midi, le congrès public proprement dit a fait le point sur les impacts des changements climatiques sur la biodiversité en Belgique et s’est penché sur les outils dont nous disposons pour maintenir, voire renforcer la biodiversité et les services qu’elle nous offre.

Texte du discours de clôture d’Isabelle Durant

En ces temps de crise alimentaire mondiale, de perte de pouvoir d’achat chez nous et encore bien plus ailleurs pour des millions de personnes, de perte de revenus pour les agriculteurs, de spéculation sur les matières de première nécessité, il paraîtra incongru à de nombreux « gestionnaires réalistes » de se pencher sur la préservation de la nature plutôt que sur la hausse des cours de la bourse.

Nous savons, nous, que cela n’a rien d’incongru : la souveraineté alimentaire, le respect des paysans, le lien à la terre, le respect des sols et de l’environnement, la préservation des ressources naturelles, le développement de l’emploi local, sont autant de conditions pour davantage de solidarité, pour un prix plus juste pour le producteur et un respect accru pour le portefeuille et la santé du consommateur. C’est ce dont nous avons discuté avec les agriculteurs descendus à Bruxelles mercredi .

C’est ce modèle que pour notre part nous choisissons, mais il faut oser dire que ce modèle est aux antipodes du renforcement de la libéralisation actuelle.

Comme le troisième choc pétrolier à l’œuvre met en cause les modes de production industriels et de transport, la « crise » alimentaire, qui se ressent partout dans le monde et qui ne cesse d’inquiéter, peut être une opportunité extraordinaire de développer de manière généralisée des méthodes aujourd’hui confinées à un « marché de niche ».

La biodiversité est un sujet qui nous renvoie incontestablement à l’histoire et à la naissance d’Ecolo, à la vision politique de citoyens qui décidaient de se mobiliser, soucieux de l’avenir de notre planète et atterrés par les atteintes qu’une société industrielle en plein boom causait aux milieux naturels, à la faune et la flore.

Un peu d’eau a coulé sous les ponts depuis : la conservation de la nature est devenue la protection de la biodiversité et fait l’objet de débats réguliers au sein des assemblées parlementaires ; je n’ai pas peur de dire que c’est très largement grâce à nous !

Aujourd’hui, grâce au réseau Natura 2000 dont l’importance est désormais unanimement reconnue, c’est 13% de la superficie de la Région wallonne et 14% de la Région bruxelloise qui sont couverts par une législation qui vise à les protéger.

La dernière information réjouissante qui nous est parvenu est l’annonce de l’accord intervenu à Bonn voici quelques semaines visant à la création d’un panel international d’expertise sur la biodiversité et ce, à l’image du Giec (consacré au changement climatique), dont le professeur van Ypersele est un des plus illustres représentants. C’est la preuve que nos préoccupations de toujours sont en phase avec ce qui se dessine au niveau international : à la question des changements climatiques s’ajoute aujourd’hui au rang de priorité au moins équivalente la préservation et l’utilisation rationnelle des ressources de la biodiversité.

Ce bref panorama ne doit cependant pas occulter la réalité : nonobstant ces efforts, la situation générale de la biodiversité n’est pas bonne et l’objectif européen de « stopper l’érosion de la biodiversité » d’ici 2010 est un leurre que nous devons dénoncer. Les politiques dominantes menées actuellement sont dévoreuses de biodiversité et nous devons continuer à agir à tous les niveaux pour les infléchir. Le rythme de disparition des habitats naturels reste affolant.
Au niveau local

Les groupes locaux ECOLO sont très nombreux à avoir fait des questions de biodiversité un de leurs thèmes de prédilection. Que ce soit par leurs actions dans les plans communaux de développement de la nature aux fins de creuser des mares, planter d’anciennes variétés ou protéger des vergers, … C’est toute une dynamique qui a été lancée, malheureusement souvent trop peu reconnue. Ces initiatives ont de plus pour qualité qu’elles contribuent à mettre en œuvre une autre de nos valeurs : celle de la participation citoyenne.

J’espère que dans le cadre des appels à projet Agenda 21 locaux lancé par Evelyne Huytebroeck à Bruxelles, de nombreux projets « biodiversité » verront le jour dans les 19 communes de la Région bruxelloise.
Dans les politiques régionales

Le développement du réseau Natura 2000 ces dernières années nous conduit aujourd’hui à disposer d’un arsenal juridique sérieux et de superficies naturelles protégées très importantes, du moins sur papier. Car c’est là qu’une fois de plus nous pouvons mesurer la faiblesse d’une action politique qui peine à arbitrer entre l’intérêt général et l’intérêt particulier.

En Région wallonne, un véritable débat public s’était amorcé lors du processus de désignations des sites. Ce fut l’occasion de voir naître des convergences et des échanges riches entre des groupes sociaux peu enclins à se rencontrer a priori : les agriculteurs, les chasseurs, les naturalistes et les ONG de conservation de la nature, les propriétaires ruraux et forestiers, l’administration et les communes ont pu construire un premier consensus autour de ce grand projet de conservation qu’est Natura 2000

C’est donc avec déception que nous observons aujourd’hui l’incapacité du gouvernement wallon, et du ministre Lutgen en particulier, d’aboutir aux arbitrages nécessaires à la désignation de l’ensemble de ces sites. Ils existent, mais seulement sur papier. Il n’y a pas de mesures effectives de gestion et de protection ; seulement des mesures au rabais et des aides publiques pour soutenir des pratiques qui ne sont que la stricte application de la légalité. Rien à voir avec des mesures de gestion et de protection effectives et efficaces. C’est décourageant pour tous ceux qui ont fait tant d’effort pour en arriver là.

Monsieur Lutgen, nos espaces naturels valent bien un peu de courage politique et la concertation avec les citoyens demande davantage de respect.

Si en Région wallonne, c’est l’agriculture extensive, la pollution des cours d’eau et l’inertie du ministre de l’environnement qui menacent la biodiversité, en Région bruxelloise, c’est une même bataille contre les conséquences d’une urbanisation mal pensée. C’est sous l’impulsion d’une ministre écologiste que le chantier de la nouvelle ordonnance cadre Nature est en cours à Bruxelles et arrivera sous peu sur la table du gouvernement.

Il faut réintroduire la nature en ville, là où on l’a fait disparaître, dans les parcs et dans les jardins. Il faut aussi renforcer le maillage vert entre les ilots et les quartiers, « verduriser » le bâti, multiplier les toitures vertes, préserver et anticiper les changements à venir pour la forêt de Soignes.

Le professeur van Ypersele nous a dressé le portrait de ces risques qui pèsent sur nos zones naturelles en raison des changements climatiques. Elles vont devoir s’adapter tant bien que mal aux évolutions en cours et à celles, plus fortes, qui s’annoncent. Le bon sens nous appelle à ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier : il faut au contraire assurer une diversité biologique maximale.

Dans le cadre de l’adoption du nouveau code forestier qui sera à l’ordre du jour du Parlement wallon cette semaine, Ecolo souhaite que ces impératifs soient renforcés. Le texte actuellement proposé demeure extrêmement conservateur dans son approche.

Comme c’est le cas pour la gouvernance publique ou la modernisation de l’économie wallonne vers une économie verte, les avancées proposées sont pour la plupart beaucoup trop timides. La Wallonie doit avancer dans la voie de la modernisation écologique pour faire face aux défis colossaux du changement climatique. La modernisation écologique de la Wallonie passe par un rejet des conservatismes, y compris en matière de gestion forestière et de gestion des espaces naturels.

Je ne prendrai qu’un exemple : celui de nos forêts, trop souvent encore exploitées et gérées en « monoculture ». Dès lors que les changements qui s’annoncent nous laissent à penser que le hêtre, mais aussi le chêne et le charme pourraient ne plus trouver chez nous un climat favorable à leur développement, il est impératif aujourd’hui de développer une gestion des forêts beaucoup plus axée sur la diversité des essences. Et de s’y mettre rapidement car le cycle de développement de la forêt est lent.

La volonté de maintenir un équilibre entre plantations feuillues et résineuses ne se justifie pas du tout et n’en est rien garant du développement durable. Outre l’’intérêt écologique limité de a forêt résineuse, elle est de moins en moins rentable. Le nouveau code doit développer les forêts d’essences indigènes.

Tout comme en matière industrielle, la recherche est un secteur essentiel. Notre recherche forestière doit également faire sa révolution en consacrant plus de moyens et d’énergie au profit d’une forêt diversifiée et multifonctionnelle. Trop de recherches restent orientées sur la seule production économique et l’impact des changements climatiques est trop peu étudié.

À côté de la recherche, un observatoire de la santé forestière doit aussi voir le jour pour permettre à la fois de surveiller la qualité de nos peuplements et le développement de nouveaux parasites dus au réchauffement.

La forêt est un espace dont la vocation sociale et multi usage doit être renforcé. C’est également un espace qui doit rester d’abord un lieu de quiétude pour tous. Ecolo ne tolèrera aucun recul en matière de restriction de la circulation en forêt des véhicules motorisés.
A l’échelle fédérale

Globalisation des échanges et réchauffement climatique sont aussi responsables de l’augmentation significative de toutes sortes d’espèces non indigènes invasives, de virus ou de maladies tropicales jusqu’ici absentes de nos régions. Cette évolution exige une vraie politique de la biosécurité, inexistante en Belgique. Elle viserait d’une part à lutter contre les espèces invasives et d’autre part à étudier l’évolution et la dispersion des nouvelles maladies ou des nouveaux virus… en progression.

En Région bruxelloise, une collaboration avec l’ULB vise à mettre sur pied un système de vigilance et d’alerte phytosanitaire. Nous souhaitons que cette initiative soutenue par Ecolo en Région bruxelloise soit généralisée aux autres échelons de pouvoir.

Les services publics fédéraux doivent également montrer l’exemple. Ainsi la SNCB doit mener une gestion favorable à la biodiversité tant sur les talus des voies de chemin de fer (important élément du réseau écologique) que sur l’assiette (abus de pesticides).

La Défense nationale doit mener, dans les nombreux domaines militaires intégrés en zone Natura 2000, une politique active de préservation. L’association Natagora collabore d’ailleurs à des projets pilote et le camp d’Elsenborn que nous avons visité ce matin se lance dans l’aventure.
Au plan international

La convention sur la biodiversité biologique des Nations Unies régit tant bien que mal la gestion de nos ressources en matière de biodiversité, notamment au travers du protocole de Carthagène sur la sécurité biologique.

Nous savons cependant tous combien c’est un travail politique permanent de maintenir la pression pour éviter la dissémination des OGM, pour,éviter aussi une appropriation du vivant par des intérêts privés au détriment des paysans et des peuples du sud, un sud d’où est issue la plus grande partie de notre biodiversité agricole.

Ecolo s’est toujours retrouvé du côté de ceux qui veulent garantir le droit des peuples et l’intérêt supérieur pour la planète que représente le caractère public et universel des ressources génétiques.

Au niveau belge, nos interventions en faveur d’une régulation des OGMs sont multiples et nous sommes heureux d’avoir pu récemment contribuer à l’adoption en Région wallonne d’un décret particulièrement contraignant en matière de coexistence entre les cultures OGM et non OGM.

En France, l’association Kokopelli, qui assure la promotion des semences fermières de variétés traditionnelles, attaquée par une société semencière, vient d’être condamnée pour avoir permis l’échange et la diffusion des ces variétés sans faire appel à l’enregistrement et au brevetage. Le risque de privatisation du vivant n’est donc pas l’apanage de situations vécues dans certains pays du sud. Un tel procès est à ce jour impossible en vertu de la législation belge mais nous devons y rester attentif et éviter toute dérive de ce type dans notre pays.

Nous devons avoir le courage de le rappeler haut et fort à Monsanto, Syngenta, Bayer et les autres : « Le monde ne leur appartient pas ! ». Nous n’accepterons pas de voir privatisées nos ressources semencières. Et la régulation politique n’est pas de leur ressort… mais du nôtre ! Et les sociétés semencières ne sont pas seules en cause. Les « sociétés déforestières » le sont tout autant.

Les forêts du bassin du Congo constituent la deuxième plus vaste forêt tropicale de la planète après l’Amazonie. Une région immense, grande comme cinquante-cinq fois la Belgique ! Rien qu’en RDC, 415 espèces de mammifères, 11.000 espèces de plantes, 1.117 d’oiseaux et près de 1.000 espèces de poissons ont été recensées. Eléphant de forêt, gorille, bonobo et okapi sont parmi les espèces les plus emblématiques de cette extraordinaire biodiversité.

Des dizaines de millions de personnes dépendent de ces forêts pour leur survie et ces forêts jouent également un rôle essentiel dans l’équilibre du climat. Jusqu’à un quart des émissions totales mondiales de gaz à effet de serre est imputable à la déforestation tropicale et on estime que d’ici à 2050, la déforestation en RDC pourrait libérer l’équivalent des émissions de CO2 du Royaume-Uni au cours des soixante dernières années.

En tant que bailleur de fonds de premier plan (si tant est qu’elle veuille le rester et parvienne à reprendre des relations correctes avec le partenaire congolais), la Belgique doit soutenir la mise en application d’une politique de développement durable dans le pays, notamment au travers de la politique belge de coopération au développement et au sein de la Banque mondiale. Cette politique doit aider les autorités congolaises à éviter l’expansion d’une exploitation forestière menaçant l’intégrité de l’environnement, la protection du climat et n’apportant aucun développement aux populations locales. Les sociétés forestières doivent être soumises à régulation et l’exploitation « minière » des ressources forestières ne peut leur être concédée.

Nous devons aussi encadrer très strictement le développement des agro carburants. Ils mobilisent à peine 1% des surfaces agricoles, mais ils posent déjà des problèmes liés à la recherche du profit à très court terme. La disparition de la jachère au profit des cultures énergétiques, la déforestation pour faire des cultures pour produire du bioéthanol et du biodiesel, l’absence de certification internationale multilatérale de la biomasse et des agro carburants sont néfastes à la biodiversité. Nous voulons donc, s’il faut y avoir partiellement recours, des agro carburants produits dans le respect de la biodiversité. C’est notre responsabilité d’écologistes de l’exiger, autant chez nous qu’au niveau international.

Le capitalisme financier ne protège pas la biodiversité, il n’anticipe pas sur les changements climatiques, il ne nourrit pas la planète… Il faut valoriser l’économie réelle, pas l’économie financière. C’est cette dernière qui nous conduit aujourd’hui au développement de la spéculation sur les matières premières agricoles, alors même que les émeutes de la faim apparaissent dans de nombreux pays.

Je voudrais terminer en évoquant le biomimétisme tel qu’il nous a été présenté…

Il nous éloigne un peu de certaines inquiétudes que j’ai longuement évoquées, mais il a cette qualité qu’il nous fait rêver de demain… ce dont nous avons bien besoin.

Car les défis à relever sont aussi et avant tout des opportunités de réussir la transition écologique. Le potentiel que révèle le biomimétisme sur les ressources inexploitées et inconnues qui existent dans la biodiversité est incontestablement un énorme vent de fraîcheur.

Les perspectives ouvertes par ce champ de réflexion sont immenses et pleinement en phase avec la nécessité de construire « autre chose » de manière concrète, pragmatique et créative. Et cela, comme le disait Pierre Radanne dans une récente conférence d’Ecolo à laquelle il participait, pour « aimer ce siècle ».

Nul doute que partout où nous en aurons la possibilité dans notre action politique, nous apporterons notre soutien au secteur de la recherche en ce domaine pour construire des solutions véritablement écologiques.
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Quelle instance pour gérer la chasse et protéger les baleines ?


C'est une bonne nouvelle pour les baleines sud-américaines. Alors que s'ouvrait, lundi 23 juin à Santiago du Chili, la réunion annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI), la présidente ...

Quelle instance pour gérer la chasse et protéger les baleines ?


C'est une bonne nouvelle pour les baleines sud-américaines. Alors que s'ouvrait, lundi 23 juin à Santiago du Chili, la réunion annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI), la présidente chilienne, Michelle Bachelet, a annoncé qu'"aucun cétacé ne pourra être chassé dans les eaux territoriales chiliennes". Mais l'avenir des cétacés originaires d'autres régions du globe reste, lui, plus incertain. Malgré un moratoire sur la chasse commerciale à la baleine décidé en 1986 par la CBI, plus de 30 000 d'entre elles ont été tuées depuis, sous couvert de "chasse de subsistance", en Norvège ou en Islande par exemple, ou de "chasse scientifique", comme au Japon.


La CBI, créée en 1946 et composée de plus de quatre-vingts pays, est divisée entre pourfendeurs et défenseurs de la chasse. Pour François Chartier, de la campagne "Océans" de l'association Greenpeace, "les pro-chasse, Japon en tête, militent pour la levée du moratoire alors que les anti-chasse, comme les Sud-Américains, œuvrent pour créer un sanctuaire pour les baleines dans l'Atlantique sud". Mais ces propositions ont peu de chance d'aboutir, devant être approuvées par une majorité des trois quarts des membres de la CBI. Pire, "ces sujets sont si conflictuels qu'ils ne seront sans doute même pas débattus lors de cette réunion", déplore M. Chartier.

L'AVENIR DE LA CBI EN QUESTION

Du coup, les discussions devraient porter sur l'avenir même de la CBI. Là encore, les deux clans risquent de s'affronter en soutenant des projets bien distincts. Les pro-chasse vont militer pour que la CBI devienne une structure de "normalisation" de la chasse. Si tel était le cas, la CBI se cantonnerait à "gérer un quota de baleines destinées à être tuées et commercialisées en fonction des stocks existants", explique M. Chartier. A l'opposé, les pays pourfendeurs de la chasse vont œuvrer pour une "modernisation" de la CBI, que les associations de défense de la nature, comme Greenpeace, appellent de leurs vœux, "la CBI deviendrait alors une structure de protection qui prendrait en compte toutes les menaces qui pèsent sur les baleines". Mais la chasse n'est pas la seule en cause. Les cétacés se font également piéger dans les filets de bateaux de pêche, ils sont perturbés par leurs sonars et la pêche intensive de krill dont ils se nourrissent risque d'affecter leur alimentation.

Pour la première fois cette année, les organisations de défense de la nature ont été invitées à s'exprimer pendant la réunion de la CBI. Cinq minutes chacune. Et à la condition de n'évoquer que les questions relatives à l'avenir de l'institution, excluant, de fait, tout ce qui concerne l'épineux problème de la chasse. M. Chartier estime que "la modernisation de la CBI est la seule solution qui tienne la route. Mais réformer la CBI est un chantier très lourd qui ne sera probablement pas tranché à l'issue de cette réunion". Même si le moratoire de 1986 a permis de stabiliser les stocks de baleines, ces derniers restent préoccupants car largement inférieurs à ceux précédant l'avènement de l'ère industrielle.



Source : Le Monde ; Par Jonathan Parienté
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Pavan Sukhdev : "Il faut donner un prix à la biodiversité"


Entretien

Quand il ne dirige pas le département des marchés de la Deutsche Bank à Bombay (Inde), Pavan Sukhdev milite au Conservation Action Trust, une association de défense de l'env ...

Pavan Sukhdev : "Il faut donner un prix à la biodiversité"


Entretien

Quand il ne dirige pas le département des marchés de la Deutsche Bank à Bombay (Inde), Pavan Sukhdev milite au Conservation Action Trust, une association de défense de l'environnement parmi les plus influentes en Inde. Cet économiste indien de 48 ans s'est mis en tête de convaincre les Etats de la fédération d'adopter une "comptabilité verte" pour guider des politiques de développement respectueuses de l'environnement. C'est certainement ce qui a fait la différence au moment de sélectionner le profil idéal pour diriger l'étude mondiale sur "l'économie des systèmes écologiques et de la biodiversité" commanditée par l'Union européenne.

Après le rapport de Nicholas Stern en 2006, sur le coût du changement climatique, Pavan Sukhdev a été chargé d'éclairer la communauté internationale sur l'autre visage de la crise écologique. Son rapport final est attendu en 2010.

Pourquoi est-il devenu urgent de donner un prix aux écosystèmes de la planète ?

Il y a urgence parce que notre capital naturel disparaît à un rythme incompatible avec le développement durable. Notre bien-être, notre santé dépendent étroitement de la qualité des écosystèmes dont aujourd'hui nous jouissons le plus souvent gratuitement. Les premiers résultats de nos recherches montrent que si nous ne faisons rien pour corriger la tendance actuelle, 11 % des espaces naturels seront détruits d'ici à 2050 du fait de l'urbanisation ou de la conversion en terres agricoles.

Il ne s'agit pas de mettre un frein au développement auquel aspirent de nombreux pays, mais nous devons avoir conscience des conséquences qu'entraînent certains choix. Le coût de la déforestation ne se limite pas aux pertes de recettes de l'exploitation forestière. En additionnant la disparition des ressources génétiques exploitées par la médecine, le rôle crucial que joue la forêt dans la régulation du climat, de la distribution d'eau, la prévention des inondations, de l'érosion... le coût se chiffre en centaines de milliards de dollars. Il faut donner un prix à la nature pour pouvoir la protéger.

Quels services écologiques faut-il protéger en priorité ?

Les forêts sans hésiter ! Leur préservation est vitale pour l'avenir de l'agriculture et donc pour nourrir l'humanité. Les forêts, je le répète, jouent un rôle majeur dans la régulation de l'eau disponible. Pour un paysan pauvre, la présence d'eau régulière pendant plusieurs mois dans l'année fait toute la différence, car il peut faire deux récoltes. C'est un mauvais calcul de penser qu'en coupant des arbres pour créer des champs, un pays va accroître ses capacités agricoles. Haïti a détruit sa forêt et, au bout de quelques années, 40 % de ses terres productives ont disparu laminées par l'alternance des épisodes de sécheresse et d'inondation. Le problème est qu'aucun décideur public ne connaît ce prix de la forêt. Nous voulons combler cette lacune.

Est-il réaliste d'imaginer freiner l'"anthropisation" des espaces naturels ?

L'objectif du développement, c'est l'élimination de la pauvreté, or les pauvres vivent en majorité à proximité des zones de forte concentration de la biodiversité. Pour la simple raison qu'ils en tirent leurs moyens de subsistance, ils y collectent leur nourriture, le combustible pour se chauffer et cuisiner leurs médicaments. Cette économie de la collecte est celle des pauvres, comme celle de l'agriculture de subsistance. Elle est directement menacée par la dégradation des ressources naturelles.

La question majeure à laquelle doit répondre la communauté internationale est "qu'allons-nous faire des 1,5 milliard de pauvres qui vivent de ce lien étroit avec la nature". Il faut arrêter de rêver en imaginant que l'industrialisation est la solution. Les grands secteurs industriels - automobile, sidérurgie, technologie de l'information - fournissent tout au plus quelques millions d'emplois. Il nous faut inventer une nouvelle économie dans laquelle le capital naturel sera une valeur qu'il faut rémunérer. C'est ainsi que nous pouvons espérer améliorer le sort des plus démunis tout en sauvegardant la planète.

Comment intégrer ces services écologiques dans nos équations économiques ?

Des solutions très différentes existent. Au Panama, la disparition des forêts a entraîné un manque d'eau chronique dans le canal. Les compagnies d'assurances et des armateurs - affectés par cet aléa - se sont groupés pour financer sur vingt-cinq ans un programme de reforestation. Au Costa Rica, le gouvernement a introduit une taxe sur les carburants pour financer différents services écologiques. Les revenus profitent directement aux communautés locales. Aux Etats-Unis, la législation protège les zones humides, et les entreprises dont les infrastructures empiètent sur ces espaces doivent acheter des "crédits environnementaux" auprès de banques spécialisées. Ces crédits servent à financer des projets de restauration des milieux naturels.

Dans le cadre des négociations sur le climat, la communauté internationale réfléchit à un mécanisme global pour préserver les forêts tropicales. Si ce mécanisme baptisé REDD ("réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation de l'écosystème") voit le jour, nous aurons créé un puissant instrument pour lutter contre le réchauffement climatique et la disparition de la biodiversité.



Propos recueillis par Laurence Caramel

Source : Le Monde
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